Elodie Dugué-Lafay Naturopathe Psychologue

à Roquebillière et à domicile

En savoir plus sur le microbiote

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On entend de plus en plus parlé de lui et de ses miracles. Mais qu’est-il donc ?

Appelée également flore intestinale, le microbiote est l’ensemble des micro-organismes qui se trouvent dans nos intestins, principalement dans le côlon. Ces bactéries, virus, parasites et champignons seraient 100 000 milliards, soit 10 fois plus que le nombre de cellules qui constituent notre corps !

Les chercheurs leur découvrent de plus en plus de rôle, sur notre santé, mais aussi dans nos problèmes de santé. C’est pourquoi nous devons en prendre soin, ce d’autant plus qu’il peut facilement se déséquilibrer.

Explorons certains de ses nombreux rôle.

Les rôles du microbiote

Immunité :

Le microbiote est en communication constance avec la partie de notre système immunitaire située dans l’intestin (considéré comme notre 2e cerveau !). C’est le microbiote qui distingue nutriment et élément pathogène et qui en informe le système immunitaire. Plus de 60% de nos défenses dépendent ainsi de l’équilibre de notre flore. De plus, les bonnes bactéries occupent la place dans les intestins, empêchant les mauvaises bactéries de l’installer. Le microbiote constitue ainsi une première ligne de défense contre les agents pathogènes.

Production d’Acides Gras à Chaînes Courtes (AGCC) et de vitamines :

Certaines fibres dans notre alimentation ne sont pas directement absorbables. On les dit donc « indigestes ». Elles sont essentiellement présentes dans les végétaux. Mais certaines bactéries de nos intestins s’en nourrissent. En les fermentant, elles produisent des Acides Gras à Chaînes Courtes (AGCC), qui eux, peuvent être absorbés par les intestins. Ces graisses se retrouvent dans notre organisme et le protègent notamment des inflammations.

Certaines bactéries produisent également dans notre côlon des vitamines K et vitamines du groupe B.

Régulation de l’inflammation :

Nos bactéries recrutent certaines cellules immunitaires qui régulent la réaction inflammatoire dans nos intestins et dans tout notre organisme. L’inflammation, qui se signale par un œdème, une rougeur et une irritation, est la réponse de notre système immunitaire aux blessures ou aux menaces perçues. Elle est indispensable, mais peut être exagérée et surtout devenir chronique, devenant alors délétère à l’organisme.

Modulateur de l’humeur :

Le microbiote exerce une influence sur le cerveau. En effet, certaines substances chimiques qu’il produit communiquent directement avec notre système nerveux central à travers de l’axe reliant le cerveau à l’intestin. Les bactéries peuvent affecter notre humeur, notre comportement, et altérer l’évolution de certaines pathologies neurologiques. Les signaux en provenance de l’intestin peuvent arriver dans différentes régions du cerveau : cortex insulaire (perception du moi), système limbique (gestion des sentiments), cortex préfrontal (moralité), complexe amygdalien (peur), hippocampe (mémoire) et cortex cingulaire antérieur (motivation). En modifiant ses bactéries intestinales, une personne peut voir changer son comportement, ses sentiments et ses sensations physiques.

Gestion du poids :

La flore joue aussi un rôle dans la gestion du poids. Le microbiote des personnes obèses est plus pauvre, et certains chercheurs mettent en lien la prescription plus importante d’antibiotiques (appauvrissant le microbiote en détruisant les bonnes bactéries en plus des mauvaises) et la hausse de l’obésité chez les enfants. Des études sur les souris montrent que l’implantation d’un microbiote d’une souris obèse sur une souris mince fait grossir cette dernière, et vice-versa.

Ce ne sont que des exemples, les chercheurs découvrant toujours plus de pouvoirs au microbiote.

Mais en fait, comment se constitue notre flore intestinale ?

Le Développement du microbiote

On lit souvent que le microbiote se constitue à la naissance, au contact de la flore vaginale lors d’accouchement par voie basse. Mais des chercheurs ont découvert qu’elle débuterait déjà chez le fœtus. Puis le microbiote se développe au contact de micro-organismes issues de l’environnement et grâce à l’allaitement riche en bonnes bactéries. Plus tard, il se diversifie encore lors de l’introduction de l’alimentation solide. La flore est « définitive » vers l’âge de 4 ans.

Le microbiote intestinal nous est propre, aussi unique que nos empreintes digitales. On parle alors de microbiome, « second génome » ou « emprunte intestinale ».

Il existe également chez chaque individu une flore buccale, cutanée, vaginale, et d’autres encore, toutes interconnectées.

Il existe plusieurs familles de bactéries (Bifidobacterium, Lactobacillus, Streptococcus, Candidas,…). Dans une même famille peuvent se trouver des espèces « pathogènes » et des espèces non pathogènes (dites « commensales » ou « saprophytes »), comme par exemple dans la famille des Streptococcus. Mais même une espèce peut agir différemment selon son environnement. Par exemple, la levure Candida Albican est naturellement présente dans le microbiote et reste normalement saprophyte. Mais si le microbiote devient déséquilibré (à cause, par exemple, d’une alimentation trop riche en sucres simples), elle peut se développer démesurément et devenir pathogène.

L’équilibre (et déséquilibre) du microbiote

Ainsi, tout est une question d’équilibre. Lorsque le microbiote est déséquilibré, on parle de dysbiose. Des scientifiques ont montré qu’elle est observée chez les individus atteints de diverses pathologies telles que la maladie de Crohn, le syndrome métabolique, le cancer du côlon et même l’autisme. Elle peut entraîner des désordres dans tous les systèmes de l’organisme : neuropsychologique (trouble du comportement, trouble de l’humeur, certains états dépressifs, psychasthénie, état confusionnel et délirant, fatigue mentale, troubles du sommeil), gastro-hépatique (troubles digestifs locaux, constipation, diarrhée, nausées, ballonnements, dyspepsie [difficulté pour digérer]), cardiaque (syndrome de Roemheld), ostéoarticulaires (rhumatisme articulaire, polyarthrite rhumatoïde,…), ORL (sinusites, rhinites, angines,…), cutanés (acné, eczéma suintant,…) et urinaires (cystites, mycoses,…). Rien que ça !

L’équilibre de la flore dépend de nombreux facteurs, comme le mode de naissance (vaginal vs césarienne), l’allaitement maternel ou non, la qualité de la diversification alimentaire, l’alimentation (respect des temps digestifs, respect des incompatibilités alimentaires,…), la prise médicamenteuse (par exemple la prise d’antibiotique qui peut altérer la flore), le rythme de vie,…

Si on ne peut pas agir sur les facteurs passés, on peut en tout cas tout faire pour, à présent, prendre soin de notre microbiote.

Prendre soin de son microbiote

L’alimentation :

Le premier axe est évidement et comme toujours, de soigner son alimentation. Et avant de savoir quoi manger, il faut savoir comment, le plus important étant la mastication. En effet, elle permet notamment la découpe des protéines, la prédigestion de l’amidon par l’amylase salivaire (représentant 40% de la digestion de l’amidon), et déclenche les autres sécrétions dans le reste de l’appareil digestif par voie réflexe. Sans une bonne mastication, des protéines et glucides mal digérées peuvent modifier l’équilibre du microbiote en ne nourrissant pas les bonnes bactéries.

En ce qui concerne ce qu’il faut manger, nous avons donc vu que nos bactéries se nourrissent de fibres insolubles. Il faut donc veiller à en consommer quotidiennement. Lorsque ces fibres ne nourrissent que les bonnes bactéries, on les appelle des prébiotiques. La principale famille est les fructanes, dont le plus connu est l’inuline (poireau avec 6,5% d’inuline, asperge avec 2,5%, ail avec 12,5%, oignon avec 3%, endive, racines de chicorée avec 15 à 20%, pissenlit avec 13,5%, salsifis avec 10%, topinambour avec 9%, artichaut avec 4,4%). On trouve aussi parmi les fructanes les graminanes contenus dans les céréales (le blé contient 2,4% de graminanes et le seigle 0,7%). Citons comme autre prébiotique issu de l’alimentation l’amidon résistant (dans les pommes de terre, pâtes et riz cuits refroidis) et les galacto-oligosaccharides (dans le lait maternel, les graines et les légumes secs). Les prébiotiques peuvent également se prendre sous forme de compléments alimentaires.

Au contraire, il faut veiller à ne pas trop nourrir nos « mauvaises » bactéries (celles pouvant devenir dangereuses, telle que Candida Albican), en diminuant sa consommation de glucides simples. L’alimentation trop carnée est également néfaste pour le microbiote. En effet, comparés aux végétariens et végétaliens, le microbiote des omnivores fabrique une quantité supérieure d’un composé chimique associé aux maladies cardiaques, la triméthylamine-N-oxyde (TMAO), métabolisée par certaines de nos bactéries à partir d’une substance abondante dans la viande rouge. Quant aux produits laitiers, il faut savoir que chez les 75% des adultes français qui ne sécrètent plus de lactase (permettant la digestion du lactose, contenue dans le lait), une bactérie se nourrit du lactose, et cette fermentation entraîne la production d’agents toxiques qui peuvent agir sur le système nerveux, le système cardiovasculaire, les muscles et le système immunitaire. De plus, les produits laitiers peuvent contenir des antibiotiques – donnés aux vaches de façon préventive (pas en agriculture biologique) – dont on a vu qu’ils peuvent perturber le microbiote.

Les probiotiques :

Pour rétablir l’équilibre du microbiote, on peut consommer directement des bonnes bactéries. On les appelle les probiotiques. Ils aident les défenses de notre organisme à lutter contre les agents pathogènes, en faisant barrages à côté des bactéries résidentes (prenant la place que pourraient prendre les mauvaises bactéries), et en stimulant le système immunitaire et la sécrétion de mucus protecteur de la paroi des intestins. Les probiotiques synthétisent également certaines vitamines (B, K) et des acides gras, améliorent les fonctions digestives (luttent contre diarrhée, constipation et ballonnements), rétablissent le microbiote après une prise d’antibiotiques, et neutralisent certains produits toxiques. Ils peuvent également diminuer les allergies.

Toutes ces actions dépendent des souches que l’on choisit. Il faut donc choisir ses probiotiques selon sa problématique, tout en sachant que pour un même problème et un même probiotique, chaque personne peut réagir différemment (il faut donc parfois en tester plusieurs). Ces probiotiques se trouvent donc sous forme de compléments alimentaires. Mais on en trouve également dans l’alimentation, principalement dans les aliments fermentés (ils fermentent grâce à la présence des bactéries) tels que les yaourts, le lait ribot, la choucroute crue, certains dérivés du soja (tempeh, miso, tofu lactofermenté,…), le kéfir, le kombucha, les bières non pasteurisées, les olives artisanales,…

Plantes et autres remèdes :

Enfin, plusieurs plantes peuvent aider à rééquilibrer le microbiote, en neutralisant notamment les mauvaises bactéries (telles que Candida Albican [eh oui encore lui, mais les candidoses sont plus fréquentes qu’on ne le pense, et on ne cherche sans doute pas assez s’il y a prolifération de cette levure dans les causes de nos problèmes]). C’est le cas du curcuma, de la réglisse, du lapacho, des feuilles d’olivier, et des bourgeons d’airelle et de noyer. De nombreuses huiles essentielles agissent également sur les mauvaises bactéries du microbiote, telles que l’origan compact, la cannelle de Chine, la sarriette des montagnes, le thym à thymol, le giroflier, le basilic exotique, l’estragon, le laurier noble et l’arbre à thé. Peuvent également nous aider (toujours en neutralisant les mauvaises bactéries, mais en favorisant également le développement des bonnes) la propolis, l’argile, l’extrait de pépins de pamplemousse, la chlorophylle, la berbérine, le resvératrol, le punicalagine (contenu dans la grenade), les omégas 3, et le remède oligothérapeutique manganèse-cuivre. Un naturopathe saura vous conseiller dans la prise d’une ou plusieurs de ses remèdes.

Le curcuma est la plante des intestins

Il nous reste sans doute une multitude de découvertes à faire sur le microbiote. Mais en attendant, prenons-en soin 😉


Bibliographie :

Auteur : Elodie Naturopathe Psychologue

Psychologue clinicienne depuis octobre 2011 et naturopathe depuis janvier 2020, je propose mes services à Roquebillière où je vis, ainsi qu’à domicile dans la Vésubie et à Nice et ses environs. Mon approche alliant naturopathie et psychologie permet d’aider chacun dans sa globalité, en prenant en compte à la fois le corps et le mental. Parce que les deux sont indissociables et que le bien-être total ne peut que passer par un équilibre du corps physique, émotionnel et spirituel.

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